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1001 raisons d’entreprendre au féminin

2020 … le vent vivifiant du féminin souffle sur le monde des affaires ! Les femmes se rassemblent, inventent, réfléchissent, se soutiennent. Elles prennent une nouvelle place dans le monde et créent du sens. Elles sont en marche, solidaires, à la conquête du 21ème siècle.

Tupperware, Modère, Herbalife, H2O, Forever, Nu Skin … toutes ces entreprises de marketing relationnel sont en pleine expansion. Et c’est – en effet – un métier taillé sur mesure pour les femmes. Il leur offre l’opportunité de travailler à leur propre compte et de s’épanouir professionnellement tout en tissant, de rencontre en rencontre, des liens humains durables.

Les avantages de ce métier sont nombreux, en vrac et dans le désordre :

  • c’est un métier flexible que l’on peut intégrer dans différents cadres de vie
  • il est accessible aux femmes de tous les âges, de tous horizons culturels et sociaux, la mixité des réseaux / communautés est d’ailleurs très porteur (mettre dans une même équipe des femmes plus jeunes, plus âgées, de différentes communautés …)
  • il offre un apport financier complémentaire non négligeable
  • il donne des opportunités de se développer personnellement et professionnellement
  • il permet de renforcer les compétences sociales, naturelles à la femme telles que l’intelligence émotionnelle, l’empathie, la joie, la sororité
  • c’est une très bonne forme de terrain d’expérimentation si on veut créer une structure indépendante
  • il apporte de la reconnaissance de la personne que l’on est (renforcement identitaire positif), de mes valeurs intrinsèques (alignement avec ma mission de vie) par mes pairs
  • il offre un sentiment d’appartenance à une communauté

Travailler dans le marketing relationnel, c’est rassurant, joyeux, dynamique, positif, convivial !

 MAIS ENTREPRENDRE, CE N’EST PAS TOUJOURS UN LONG FLEUVE TRANQUILLE

C’est une expérience ponctuée de moments de doute, de périodes de découragement, parfois d’un sentiment de solitude … mais aussi des regains d’énergie, de sursauts d’exaltation !

Déployer notre pouvoir de femmes entrepreneures et créer des liens solides avec d’autres femmes pour pouvoir s’encourager mutuellement et mener à bien tous ces projets qui trottent dans nos têtes créatives, voilà ce que nous vous proposons d’explorer ensemble lors de ce fameux parcours de coaching 1001 raisons d’entreprendre au féminin.

LA RENCONTRE DE DEUX UNIVERS FÉMININS

Nous nous sommes rencontrées, Marie-Françoise Ghenne et moi-même, dans un parcours entrepreneurial, et nous sommes naturellement entraidées en soutenant nos projets respectifs, en échangeant des trucs et astuces, en ouvrant nos réseaux professionnels l’une à l’autre … Le tout dans la bonne humeur ! Et puis très vite, nous nous sommes rendues compte que notre mission était assez semblable : aider les femmes à prendre confiance en elles et à devenir autonomes, libres d’être ce qu’elles étaient réellement et de réaliser leurs plus beaux projets. 

La complémentarité de nos outils et de nos compétences nous a tout d’abord amenées à créer et à co-animer des ateliers de renforcement positif pour les femmes dans leur vie personnelle comme par exemple Les 5 sens, nos alliés pour une vie plus intense ou encore De la bonne gestion des énergies.

Et puis en gagnant en maturité dans notre posture entrepreneuriale, nous avons eu envie de partager nos expériences et avons développé ces 5 ateliers de coaching truffés d’outils créatifs et de jeux dont les thématiques sont les suivantes :

1001 valeurs
Définir un cadre de travail dans le respect d’une éthique commune au métier en cohérence avec nos propres valeurs 

1001 visions
Intégrer nos objectifs individuels dans une mission collective

 1001 talents
Révéler tes compétences personnelles d’entrepreneure
Reconnaître celles des autres femmes et optimiser vosressources

1001 idées
Développer et partager tes idées
Puiser dans cette grande boîte à créativité

1001 méthodes
Cultiver l’intelligence collective pour évoluer
Participer à faire grandir l’aura de ce métier relationnel

Ces ateliers peuvent être suivis séparément mais pour des résultats plus visibles, nous recommandons de suivre le cycle complet. Nous en planifions 2 par an. Pour connaître les dates, un petit clic sur l’agenda.

A bientôt !

L’ASSERTIVITÉ, SUBTIL VOYAGE  ENTRE L’EGO ET L’ALTER

Ceux qui me lisent régulièrement savent combien je suis friande de citations. Elles permettent de ritualiser l’écrit et d’éclairer notre lecture d’un rai de sagesse particulière. Laissons donc Lao Tseu, sage chinois contemporain de Confucius, considéré comme le père fondateur du taoïsme, nous conter sa vision de l’assertivité ….

“L’oie des neiges n’a pas besoin de se baigner pour être blanche”

Encore faut-il savoir si vous êtes une oie des neiges ou un autre animal, me direz-vous…

En effet, une des premières étapes sur la route de l’assertivité est sans conteste l’affirmation de soi. S’affirmer ne signifie pas s’imposer, cela implique un respect de soi et d’autrui. Pour passer cette première étape avec brio, un arrêt dans la jolie gare de l’humilité est de mise. Dans la salle des pas perdus, vous rencontrerez d’autres voyageurs avec qui partager des points de vue différents. Exprimer clairement son avis sera aussi important que d’écouter celui de l’autre. L’acceptation de l’altérité évitera tout conflit et vous permettra de continuer votre route, riche de l’expérience de l’autre.

Le manque d’assertivité résulte souvent du fait qu’on se sous-estime (consciemment ou inconsciemment), on déprécie ce dont on est capable, on ne se trouve pas “à la hauteur”, on pense manquer d’intelligence ou de capacités pour exécuter telle tâche ou réaliser tel projet… Cela vous semble familier ? Alors, une immersion dans le royaume de votre noblesse intérieure semble une escale intéressante dans votre périple.

Prendre conscience de vos valeurs de vie, vous relier à vos propres forces, estimer vos capacités réelles : tel est le programme proposé lors de cette escale.

Attention, les sujets de cette cour ne sont cependant pas tous complaisants ! Très vite, vous rencontrerez Le Juge Intérieur, qui règne en véritable despote … sur vos propres terres !

Surtout n’entamez pas la conversation avec lui, c’est un as des joutes verbales, ses réparties ressemblent à des sentences, sa conversation ponctuée de paroles tranchantes, tombera comme un couperet. Il tiendra le crachoir jusqu’au bout et vous en ressortirez complètement affaibli. La chance est grande également que vous tombiez sur La Marquise de la Peur. Vous ne la remarquerez pas tout de suite. Vous l’apercevrez au détour d’une ruelle, elle vous sourira ou vous fera un petit signe de la main, histoire de vous amadouer. Vous la suivrez, curieux de découvrir ce qu’elle veut vous proposer. Elle vous emmènera dans les quartiers les plus sombres et les plus inquiétants du royaume … Elle se métamorphosera plusieurs fois, grandira, deviendra obscure…. Un conseil : débarrassez-vous au plus vite de cette importune en inventant n’importe quel prétexte ! Par exemple, que vous avez une audience auprès de la Princesse de la Vulnérabilité. Cette princesse dont tout le monde a un peu honte, est sous des aspects chagrins et faibles, une femme d’une surprenante clairvoyance. Suivez-la sans vous poser de question, elle vous enseignera le b.a-ba de l’alchimie. Grâce à son savoir, vous pourrez transformer vos faiblesses en forces.  Si vous prenez en compte ces quelques recommandations, vous devriez pouvoir continuer cette petite virée au pays de l’assertivité en toute sérénité.

Un peu plus tard, vous arriverez à la rivière du discernement. Ici, impossible de traverser sans risquer de vous noyer. Et pas de pont à l’horizon … Une embarcation accrochée à un arbre vous invitera à poursuivre l’aventure. Le début de votre excursion fluviale sera fluide. Profitez de ce temps de calme pour réfléchir aux personnes et aux situations qui vous font vaciller sur vos fondements et vous font douter du bien-fondé de votre opinion.

Soudain, un groupe de crocodiles inquiétants glissera dans l’eau et vous empêchera d’avancer plus loin. Votre barque fragile sera encerclée. Qui sont ces prédateurs pour vous ? Quelle autorité représentent-ils ? Une autorité juridique ? Médicale ? Pédagogique ? Quelqu’un au statut social plus “élevé” ?

Quelle attitude adopter vis à vis d’eux ? Vous lever et faire de grands gestes en hurlant pour essayer de les faire fuir ? Pagayer de plus en plus vite en espérant vous frayer un chemin entre leurs crocs menaçants et leurs queues puissantes ? Les ignorer et les laisser ralentir votre embarcation en espérant qu’ils se lassent ? Repérer une liane et leur fausser compagnie en grimpant dans un arbre ? Leur jeter quelque chose à manger pour faire diversion et pouvoir prendre la poudre d’escampette ?

Retenez une chose : ces prédateurs sont intuitifs. S’ils savent anticiper vos réactions, ils prendront le dessus. Il est important que vous vous mettiez dans une observation active de leurs comportements pour comprendre à qui vous avez affaire. Cela vous permettra d’adapter votre propre comportement en fonction, et sortir de cette épreuve la tête haute.

Prendre de la hauteur, esquiver l’obstacle, faire diversion, faire semblant de rien, donner le change : quel que soit le comportement adopté, réfléchissez à celui qui aura l’impact le plus positif dans la gestion de la situation et puisez en vous les ressources nécessaires pour le mettre en place. Répéter des comportements inadéquats sans pouvoir mesurer les conséquences de ceux-ci vous stoppera net dans cette belle aventure de l’assertivité.

Quand vous aurez dépassé l’épreuve des “crocodiles”, vous pourrez débarquer un peu plus loin dans la  forêt du non.

Ces bois touffus sont parsemés de nombreux chemins. Dès que vous vous y aventurerez, vous serez entouré par une foule de créatures aux personnalités bigarrées qui vous proposeront des tas d’activités différentes, solliciteront votre aide et votre attention pour un oui ou pour un non.

Certaines d’entre elles sont bienveillantes, d’autres plutôt mal intentionnées. Ici, il est important de rester centré, de ne pas vous laisser distraire ou importuner par des requêtes parfois insistantes auxquelles vous aurez tendance à céder pour avoir la paix … Asseyez-vous à l’ombre d’un arbre et reliez-vous à votre intuition. Cette petite voix intérieure impossible à entendre lorsqu’on est submergé par le vacarme extérieur de l’énervement et du trouble, vous guidera dans le chemin à emprunter et les gens en qui vous pouvez avoir confiance.

Si certains individus ne vous laissent pas en paix, osez exprimer votre désaccord. Soyez ferme dans votre voix, bien planté sur vos pieds, le regard franc. Exprimer un désaccord ne signifie pas crier ou adopter un ton agressif ou péremptoire. Cette attitude sera contre-productive et risque de braquer la personne ou de la mettre dans une position de rejet à votre égard.

Comprendre et expliquer clairement vos besoins profonds sera plus efficace que d’accuser votre interlocuteur d’une attitude qui vous dérange. Réserver sa réponse en demandant un temps de réflexion supplémentaire peut vous aider à affiner votre stratégie d’une manière plus subtile. Temporiser, mettre vos énergies en veilleuse, peut s’avérer plus efficace que n’importe quelle action entreprise dans la précipitation.

Vous l’aurez compris, il s’agira ici d’user de flexibilité et d’agilité pour pouvoir quitter les chemins obscures de la confusion, rejoindre les clairières de l’intégrité, de la présence à soi et de l’alignement pour déboucher … au pays de l’assertivité.

Ce thème est abordé dans des ateliers que j’anime entre autres, pour les femmes prévoyantes socialistes.

Si vous avez envie d’explorer ce thème avec des amies ou des collègues, je peux vous proposer cet atelier pour un minimum de 6 participantes à la date de votre choix, dans un lieu qui vous séduit. 

Et si vous voulez plus de renseignements sur la teneur de ces ateliers, appelez-moi au 0477 269 136

Bruxelles, ma muse aux 2 L

Déjà 30 ans que je suis amoureuse, je n’arrive pas à y croire …

C’était l’été 1986 … je m’en souviens comme si c’était hier. A l’arrière de la Renault 5 de mon père, j’apercevais les panneaux égrenant les kilomètres qui me séparaient de toi. Je flottais, perdue dans un vide composé d’une urgence, celle de quitter une fiancée ronronnante en bord de Meuse pour partir à la conquête d’une maîtresse à l’aura mystérieuse. L’autoroute, le ring, une chaussée interminable, un canal, des trams, des bus, … une tour … celle du campus de l’école où j’allais passer quelques années de ma jeune vie. Un lieu à deux pas de La Roue, celle de mon destin, un quartier aux confins de ton cœur vibrant qui exhalait le parfum de ton essence.

Chaque matin, chaque soir, je faisais le grand écart comme une danseuse folle entre le quartier cossu où je vivais, hébergée dans l’appartement coquet d’un cousin, et l’ambiance semi-campagnarde du bord du canal où se trouvait mon école.

Entre les deux, plus d’une heure de trajet. Le temps de m’imprégner des multiples mondes qui s’offraient à mes yeux.

Le bus dévalait les rues de tes faubourgs verdoyants et déversait son lot de cols blancs aux abords d’une gare encombrée, souillée par le va-et-vient quotidien des navetteurs qui se dispersaient dans un méli-mélo de trams, de bus et de trains. Les parfums des cadres et hauts fonctionnaires s’évaporaient tandis qu’ils couraient rejoindre leur bureau rassurant au 20ème étage d’une tour imposante d’importance, de laideur et de puissance.

C’est l’odeur entêtante du chocolat de l’usine Côte d’Or qui m’indiquait que j’étais au mitan de mon trajet. J’avais sauté dans le 103, et saluais au passage Tintin et son fidèle Milou. Le tram se remplissait d’un mélange bigarré de banlieusards, de Bruxellois et d’immigrés. Ça causait, en flamand, en arabe, en portugais, en turc ou en français. On cédait sa place aux femmes et aux enfants, on casait les sacs du marché remplis de victuailles sous les sièges. Des effluves de pain frais, de menthe, de persil plat, de coriandre parfumaient l’espace exigu du véhicule envahi par cette marée humaine.

Malgré la promiscuité, j’arrivais à me laisser bercer par le roulis du tram et la joie communicative qui jaillissait de ces improbables conversations, de ces échanges entre humains venus de nulle part, qui se serraient un peu plus sur une banquette pour faire place à l’autre… J’étais loin de la bourgeoisie figée de ma douce province, de son indifférence glacée à chacune de mes tentatives d’établir le moindre petit contact un chouïa plus chaleureux…

Empreinte de cette joyeuse humanité, tu déposais le monde à mes pieds dans quelques milliers de kilomètres carrés à peine. Que pouvaient rêver de mieux mon cœur et mon esprit affamés de différence et de nouveauté ?

Tu m’avais happée dans ta douce exaltation, je m’abandonnais aux nuits estudiantines, aux TD, à l’exubérance des comitards sauvages de Cureghem qui, la même nuit, me baptisèrent dans une baignoire remplie de sang et de viscères de vache, m’enduisirent de bleu de méthylène et m’envoyèrent dans une douche glacée me faire revigorer les sens par un des leurs et non des moindres !

Je tourbillonnais dans ta valse à mille temps, arpentant les rues de tes quartiers populaires à la merci de toutes tes fantaisies, entrant ici chez un bouquiniste, là dans une friperie. Je rejoignais mes amies pour un half-en-half au Fallstaff, on babelait avec les madameke sorties tout droit de la Revue aux Galeries, venues déguster une croûte aux framboises et s’encanailler avec des vieux peyes.

Nous étions jeunes, tes pavés nous appartenaient… Nous traînions dans les soirées avec la troupe cosmopolite des danseurs du plan K qui étalaient leurs corps noueux et sculpturaux sur les planchers nobles de maisons bourgeoises où vendeurs d’art et jazzmen se retrouvaient pêle-mêle aux petites heures de la nuit pour refaire le monde en sirotant des liqueurs ambrées, sur les mélopées mélancoliques d’un Chet Baker, d’une Billie Holiday.

Nous rentrions ivres d’intensité, de sommeil, d’alcool et traversions la grand place à l’aube, à cette heure unique et magnifique où les touristes la désertent. Le balayeur avait déjà fini son œuvre et cette splendeur architecturale du haut de ses siècles n’avait d’yeux que pour nous, gamines insouciantes, se gavant de l’ardeur de cette singulière cité.

Tu n’étais pas comme cette ville qu’on nomme lumière, à la beauté lisse et insolente, qui se donne, qui s’exhibe, maîtresse impudique. Toi tu t’abandonnais par à coups, suivant tes humeurs changeantes, femelle redoutable. Tu avais tes jours gris et détrempés, tes bâtiments ministériels suintaient la saleté, tes passants pressés se faisaient copieusement éclaboussés par des taxis enragés par la circulation ou par des bus, ces mastodontes imbus de leur utilité urbaine. Ces jours là, je paressais au lit, les yeux perdus dans la grisaille qui s’écrasait en gouttes pleines et tristes sur la lucarne au-dessus de mon lit.

Mais l’après-midi même, la météo belge dans une facétie m’offrait déjà une éclaircie. J’enfourchais alors ma bicyclette et partais à la conquête olfactive de tes grands espaces verts à grands coups de pédales, sur l’ancienne voie de chemin de fer ou le long du canal, petit serpent tranquille traversant la ville jusqu’aux campagnes flamandes avoisinantes. Je me régalais à la vue des anciennes fabriques … fonderies, brasseries. C’était bon d’errer à la rencontre de ton passé et des fantômes architecturaux de ta glorieuse industrie. Je rentrais à la tombée de la nuit, fourbue et m’arrêtais dans un bistrot quelconque près de Flagey, je me mêlais à la bonhomie des supporters de foot portugais, nous partagions des lomos ou des sardines grillées, et je bondissais à l’unisson, quand un des leurs marquait le goal fatidique.

Je t’ai parcourue, tel un grand livre de contes urbains, avec comme lampe de chevet ton éclatante lumière du nord. Tes ciels bardés de rouges criards et de gris profonds chevauchaient les boulevards de la petite ceinture, de longs rais striaient l’ensemble à grands traits jaune et or, un halo rosé répandait sa douceur poudrée tout en haut des palais, là où seuls les yeux des poètes, papillons de nuit, se déposent.

Les années ont passé et manèges, grande roue et smoutebollen de la foire du midi sont inlassablement revenus, nous reliant d’un été à l’autre à notre âme d’enfant. Les peyes et les meyes de tout poil se donnent toujours rendez-vous au bal national. Dans les cafés des Marolles, sur la place du Jeu de balle, ça boit des pintjes, ça dandine du croupion, ça mange des caricoles.

Aujourd’hui les crinolines ont fait place au slim, les laser ont remplacé les lampions et Bruxelles continue à faire la fête aux sons d’un maestro à l’envers. On laisse au vestiaire les chamailleries communautaires et le retard du RER, les bombes qui claquent dans le métro, les tunnels qui s’écroulent sous la culpabilité de nos dirigeants déresponsabilisés, les rues toujours plus embouteillées.

Je sors et je hume au quotidien ton parfum de scandaleuse. Je me mêle aux jeunes, aux vieux, aux gays, aux trans qui réinventent chaque année de nouvelles manières de vivre ensemble, de créer ensemble, d’insuffler de la beauté et de la légèreté dans la routine d’une grande cité. Tu me rends aérienne, je m’envole vers les citoyens de cette ville métissée, pour louer ton esprit décalé, ta jeunesse éternelle, ta folle élégance, tes pointes de vulgarité, ta charmante impertinence…

Alors, je danse … !

* j’ai écrit ce texte dans le cadre du concours « Bruxelles je t’aime », organisé par la Maison de la Francité en mai 2016. 

FEMMES, LES GRANDES COUPABLES ?

Si elle n’avait rien dit, elle n’aurait pas provoqué la colère de son mari … Qu’est-ce qu’elle avait besoin d’aller se balader en mini-jupe dans ce quartier ? Si sa mère ne l’avait pas couvé comme ça, il aurait réussi ses études … Regarde où il en est maintenant … !

Ce genre de remarques anodines, nous les avons toutes entendues au moins une fois dans notre vie. Une minorité d’entre nous bondit encore d’indignation mais la plupart ne relève même plus les sarcasmes.

Au quotidien de ma pratique, j’accueille des femmes venues déposer des sentiments de culpabilités. Et si je pluralise volontairement le terme c’est parce qu’il y a autant de formes de culpabilités que de « coupables ».

Mais au fond, de quoi les femmes se sentent-elles coupables ? D’en faire trop au boulot ? Ou de ne pas en faire assez ? D’être une mère trop présente ? Une épouse trop attentive ? D’avoir trop aimé ou bien …. cessé d’aimer, sans jamais avoir osé le dire ? Et envers qui se sentent-elles coupables ? Cette culpabilité leur appartient-elle réellement ?

Toutes ces questions qui constituent le cortège des poisons du mental, sont des boulets que l’on peut traîner tout au long d’une vie, sans jamais s’en libérer.

Et à travers la publicité et les réseaux sociaux, notre société hyper connectée continue de cultiver, de manière totalement inconsciente, ce sentiment dévalorisant pour tout un chacun. Et pourtant certains artistes osent aborder cette forme de violence insidieuse. Dans son film NOCES, Stephan Streker, cinéaste de la conscience, illustre brillamment ces différentes formes de culpabilité : celle de la fille qui sait qu’elle va désobéir à ses parents et provoquer le désarroi, celle du père qui se sent coupable de la souffrance provoquée par une loyauté trop grande à des traditions, celle de la sœur qui continue à véhiculer cette idée négative de la femme, celle de la mère qui ment à sa fille au chevet de son lit, celle du frère qui va commettre l’irréparable ….

La culpabilité n’est donc pas l’apanage des femmes. Les hommes en souffrent évidemment aussi. Mais à l’origine, c’est quand même la faute à Eve, elle n’aurait jamais dû mordre dans ce fruit défendu ….

Dans le livre remarquable Trois amis en quête de sagesse, Matthieu Ricard nous partage la vision dichotomique que l’Occident et l’Orient bouddhiste entretiennent par rapport à cette notion et nous invite, grâce à cette réflexion, à changer notre attitude vis à vis de ce sentiment qui nous sclérose.

En Occident, le sentiment de culpabilité est influencé par la notion de « péché originel ». Dans l’Orient bouddhiste, on parle à l’inverse de « bonté originelle ». Il n’y a rien en nous de fondamentalement mauvais et les fautes sont considérées comme ayant au moins une qualité, celle de pouvoir être réparées. Chacun possède en soi un potentiel de perfection qui peut être oublié ou voilé, mais jamais perdu. Nos fautes et nos défauts sont autant d’accidents, de déviations temporaires, qui peuvent tous être corrigés et ne corrompent en rien ce potentiel. Dan ce contexte, le regret n’est pas un sentiment qui nous fige dans le passé. C’est au contraire ce qui nous permet de couper les ponts avec nos erreurs et de prendre un nouveau départ.

Pour arriver à porter un regard neuf sur les choses et transformer nos comportements, il est important de ne pas brûler les étapes.

Mettre un visage sur l’ennemi

Sun Tzu dans L’art de la guerre nous livre un de ses secrets : « Connais ton ennemi et connais-toi toi-même ; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux. »

Apprivoiser notre culpabilité passe par la capacité à discerner de quel ordre elle est. Simple gêne, embarras, regret ou honte ? Le ressenti émotionnel et psychologique de notre souffrance est proportionnel à la gravité – estimée – de la faute commise. Et cette souffrance prend d’innombrables visages également. On commence à penser que l’on mérite le blâme d’autrui, on doute de notre capacité à faire changer les choses, on se sent tétanisé, on n’ose plus poser des actes, de peur de faire mal.

Et ce mal être de se manifester dans notre corps : contractions au niveau du plexus solaire, boule d’angoisse au creux de l’estomac, comme si on s’empêchait d’éprouver des sentiments joyeux. Maux de tête, vertiges, impossibilité de se concentrer, comme si on nous « prenait la tête », qu’on nous empêchait de penser clairement. Chutes, maux de dos, douleurs dans les articulations, l’intériorisation de ce sentiment pernicieux bloque le corps, empêche de bouger, d’aller de l’avant.

Les conséquences dans notre vie peuvent alors s’avérer désastreuses. On perd peu à peu notre dignité, notre estime de nous-mêmes. On se dévalorise, on répète des fautes déjà commises tout en ayant l’impression de ne jamais pouvoir réparer les choses. Et les couches de douleur continuent à s’accumuler.

Mesurer l’utilité de ce sentiment inconfortable

Je vois d’ici vos moues sceptiques à la lecture du titre de ce paragraphe. En quoi le fait de culpabiliser peut-il être utile ? Pour revenir à cette notion de bonté originelle prônée par les bouddhistes, chaque émotion, chaque sentiment si inconfortable soit-il est là pour éclairer notre chemin pour accéder à la meilleure version de soi-même.

Se responsabiliser par rapport aux actes que l’on pose, mesurer l’impact de ce qu’on dit ou ce que l’on fait, développer notre conscience de ce qui est bien, mal, juste (en laissant parler son intuition, son sixième sens), transformer les « Je n’aurais pas dû… » en « que puis-je faire pour réparer mon tort ? » , s’empêcher de répéter les mêmes erreurs, permettre de déclencher le désir de changer…. Voici quelques-uns des avantages de la culpabilité.

Vous commencez à percevoir comment jouer les alchimistes ? Passons alors à l’étape suivante.

Les chemins de la libération

Quand on a identifié les émotions douloureuses liées à notre culpabilité, penchons-nous sur le besoin sous-jacent à cette émotion. Exemple : quel serait le besoin caché derrière la honte ressentie envers cet ami (à qui j’ai caché une vérité il y a des années…) ? Un besoin de transparence (lui dire ou lui écrire la vérité), un besoin de lui demander pardon, de faire le premier pas vers la réconciliation (s’il a eu vent de ce mensonge et m’en tient rigueur, ….) ?

Pas toujours facile de comprendre nos besoins profonds. Pour s’aider, on peut imaginer l’acte de « réparation » qu’on pourrait poser envers cette personne (qui peut être tout aussi bien soi-même) et la sensation de soulagement qui s’ensuivrait (à cette simple évocation mentale, on sent notre corps se relaxer, ou quelque chose s’alléger en nous). Faites l’exercice, juste pour voir.

Nous avons tous une bonne raison de nous sentir coupables, que ce soit dans notre sphère sociale, professionnelle, familiale, amicale…. Les quelques pistes de réflexion abordées ci-dessus vous aideront, je l’espère, à sortir peu à peu de votre culpabilité. Mais ne laissez surtout pas ce sentiment prendre le contrôle jusqu’à risquer de vous empoisonner complètement l’existence.

PETITS BOUTS DE FEMMES, PETITS BOUTS D’ÂME – EPISODE 3

172a4598JANE DELESPESSE
Incarner le spirituel, sacraliser la matière

Il est des êtres intemporels à qui on ne peut pas donner d’âge. On a l’impression qu’ils ont toujours été là. Ils possèdent en eux un savoir, une vérité, une évidence. Et ils n’ont d’autre raison d’être sur cette terre que de nous transmettre cette sagesse.

Jane Delespesse fait partie de cette tribu de “passeurs” et s’ils s’aident d’outils ou se forment à des pratiques pour accomplir cette noble tâche, c’est davantage leur “savoir-être” qui vous guidera dans l’accompagnement recherché.

Il y a quelques années, Jane a été transplantée, au sens le plus médical du terme. Mais quand on la rencontre, on ne peut s’empêcher de penser à une transplantation au sens le plus botanique du terme. Étriquée dans un pot devenu sans doute trop petit pour contenir ses belles racines, elle a été symboliquement “transplantée” pour croître dans un environnement plus adapté à son besoin de respirer à plein poumons, laisser grandir ses jolies tiges et laisser pousser ses belles feuilles…

Il est des êtres qui sont des survivants au sens “Cyrulnikesque” du terme. C’est ceux qui rebondissent sur les versants escarpés de la vie, se relèvent et marchent, droits comme des i vers leurs destinées. Jane en fait partie.

Pas étonnant que sa petite entreprise s’appelle Renaître, car le chemin de souffrance imposée par la maladie à cette petite fille, au départ fragile, est comme un cadeau qui lui a permis de trouver en elle un courage insoupçonné et a enrichi sa vision de la vie.

Le féminin, comme une évidence

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En acceptant sa maladie, en la vivant au plus profond de ses cellules, au coeur de sa conscience, Jane a accepté de laisser mourir la petite fille fragile pour permettre à la femme apaisée et libre, de naître au creux de son être.

Cette force de vie glanée tout au long de cette épreuve, elle a eu envie de la transmettre. Sa propre histoire est devenue le terreau de développement et de compréhension de sa mission de vie : accompagner l’humain, et la femme plus particulièrement à traverser le plus sereinement possible des passages de vie.

Pour permettre à l’énergie féminine de réceptivité de circuler librement, Jane a recréé, selon un rite dans les anciennes tribus,  Les Tentes Rouges, un espace sacré où elle invite les femmes à se relier à leur centre, à leur utérus, cette partie de leur corps qui se souvient de la sécurité primale (quand l’enfant est dans le ventre de sa mère).  L’objectif est de montrer à la femme qu’elle a une très grande puissance en elle, qu’elle peut se reconnecter à la déesse qui est en elle. Et d’honorer chacune des femmes présentes.

Jane, à propos des rencontres sous la Tente Rouge “C’est à chaque fois de merveilleux moments hors du temps, qui apportent chaleur, bien-être, réconfort, énergie…nous partageons nos histoires, nos larmes, nos rires, nos silences…Ce sont les personnes dans la tente qui créent l’énergie de la tente. C’est un endroit non thérapeutique, plutôt de partage et de transmission. C’est une parenthèse hors du temps qui fait naître des sensations, un ressenti que la femme peut garder en elle, et repartir plus enrichie. Ressenti auquel elle peut se reconnecter dans sa vie quotidienne.

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Sous la tente rouge, les femmes parlent d’elles-mêmes , de leur rapport aux hommes, de sexualité, posent des intentions, des demandes de guérison. Ces rencontres sont ouvertes à toutes les femmes dès l’adolescence, avec un soin particulier accordé à celles qui ont « leurs lunes ». Les autres femmes s’occupent d’elles car elles sont dans l’ »être » et non le « faire « .  On se reconnecte à l’intuition, à la part sacrée de soi-même.  On y chante, on y danse, on y joue des instruments de musique. On y brûle de la sauge, du paolo santo. C’est un lieu sacré, d’écoute et de transmission des différents rituels de passages des femmes, de la puberté à la ménopause, en passant, ou non, par la maternité.

Le défi des femmes aujourd’hui

Le souhait de Jane c’est que les femmes puissent se sentir « à la maison » dans leur vie. A leur place. Avec toutes leurs casquettes. Qu’elles trouvent un équilibre entre le « faire » et  «l’être ».

Et Jane de développer sa pensée  “Je crois qu’être une femme aujourd’hui, c’est avant tout être consciente de son histoire de vie, de sa lignée féminine : poids émotionnels, loyautés, secrets, maladies. Ensuite il est important de faire le tri, de se nettoyer de certaines choses pour pouvoir sortir de la fidélité familiale invisible et se libérer de cette lignée en faisant des choix conscients”.

Le rituel pour redonner du sens

Célébrer les petites et grandes étapes de la vie, c’est graver un passage dans la matière, c’est lui donner une dimension sacrée. On peut créer des rituels autour de la métamorphose de la jeune fille en femme, de femme en épouse et / ou en mère, autour du passage vers la ménopause, autour d’une séparation, d’un deuil… Tous ces rituels aident à grandir, à accéder à un nouvel état de conscience, de connaissance de soi.

Ritualiser la naissance, glorifier la parentalitéfyzzvlmohbarb9qn7gdpvycsnauq9bfmojz6lfeonw1gbdunfguflqvfpmg8tagrucathkffu6fhmkpvkfcepvehwpruljdxpf89i90w0oaozbpq53ozzkfpqq8j4ewbjxz6s8tr

« La plus haute vocation de la femme est de conduire l’homme à son âme afin de l’unir á la source. La plus haute vocation de l’homme est de protéger la femme afin qu’elle soit libre de marcher sur la terre saine et sauve.”

Ce proverbe cherokee est un credo pour Jane qui l’inspire dans un autre pan important de son métier, celui de doula. Emprunté au grec ancien, le terme doula désignait la figure féminine qui, aux côtés de la sage-femme, se tenait près de la mère lors de la naissance de son bébé. Jane offre donc ici un accompagnement informatif, émotionnel, physique et surtout de coeur.

Dans sa mission de rééquilibrer le féminin et le masculin, elle travaille avec les 2 parents dans cette aventure si particulière de la parentalité pour les écouter, répondre aux milles questions et nettoyer les peurs et les croyances collectives autour de la naissance.

Elle propose ainsi un travail d’HypnoNaissance, 5 séances durant lesquelles Jane guide le couple dans l’apprentissage de techniques d’auto-hypnose et de relaxation profonde. Durant ces séances, le couple prend le temps d’analyser tous les sentiments liés à l’approche de la naissance du bébé, de se libérer de toutes ses angoisses. La doula suit les progrès et s’assure que le couple est prêt, détendu et confiant pour le grand évènement. Le féminin aujourd’hui.

Une femme en modèle

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Quand on lui demande quelle est la femme qu’elle admire le plus, elle réfléchit quelques secondes et dans un souffle spontané confie : « C’est Amma. Je l’admire et elle m’inspire. C’est quelque part une représentation de la mère divine. Être serrée dans ses bras est un honneur pour moi. Amma incarne la capacité à « être ». C’est une déesse incarnée, et sa capacité à transmettre l’amour inconditionnel, la paix m’émerveille. Elle est très impliquée dans la défense des femmes partout dans le monde.”  

L’être derrière l’accompagnatrice de vie

Mais au fond toi, qui es-tu, Jane ?

Pour rester dans son monde symbolique, j’ai demandé à Jane de se prêter à un petit portrait chinois.

Si elle pouvait être une partie du corps féminin, Jane serait l’utérus, pour pouvoir protéger, créer, trouver sa force intérieure.

L’élément de la nature qui symbolise le mieux son féminin ? Un arbre fruitier (un pommier par exemple…) au fil des saisons, qui est en hibernation, et puis bourgeonne, et puis donne des fleurs et des fruits.

Pour cette femme au destin particulier, le travail avec les femmes a changé sa perception de sa propre féminité. “Maintenant on me dit que je suis jolie et lumineuse.” s’étonne-t-elle presque. “C’est sans doute parce que je me sens à ma place, que ce que je fais me fait vibrer et me met en joie. »

Pour tout connaître sur sa pratique, rendez-vous sur le site internet de Jane

Petits bouts de femmes, petits bouts d’âmes – Episode 2

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Marie-Françoise Ghenne, de chimiste à alchimiste ….

Il était une fois une petite fille pleine de fantaisie qui aimait se déguiser, construire des cabanes avec des couvertures, s’inventer des histoires, incarner des personnages et leur faire vivre de folles aventures. Une nappe en dentelle une fois attachée à son vieil hula hoop devenait un bouclier de lumière pour princesse en détresse. Un ours en peluche affublé de lunettes, d’une chemise et d’une cravate chipées dans la penderie de papa, faisait la classe à un public de poupées bien sages. Un placard vide se transformait en caverne d’Ali Baba.

Son imagination était sans bornes … sa réalité transcendait le réel.

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Le temps passa. La petite fille grandit et pour rassurer ses parents – c’est cela que font les sages enfants – elle devint la meilleure amie de Mendeleïev, jongla avec protons, neutrons, gaz, amalgames et autres étrangetés chimiques, mit toutes ses compétences, son énergie et ses connaissances au service d’une multinationale.

En parallèle à son travail qu’elle faisait avec toute la conscience et la sériosité qui la caractérisent, Marie-Françoise, femme à la curiosité insatiable, resta connectée aux dadas de son enfance. Elle développa une passion peu commune pour tout ce qui touche à la maison, au foyer … aux intérieurs. Luminaires, meubles, tissus, objets, utilisation des couleurs, des espaces, techniques de rénovation, antiquités, travail du bois, patines, décorations de Noël, maisons
en pain d’épices : tout était sujet à lecture, ateliers, conférence, exposition, chineries vintage, stages. Le mouvement créatif avait été initié. Dans le secret de son cœur, elle comprit que son vrai travail était donc … intérieur !

Aux alentours de 40 ans, ce que les sociologues anglo-saxons nomment « the midlife crisis », Marie-Françoise essuya un revers de fortune. Son employeur délocalisa et prit congé du personnel belge… Adieu fioles, éprouvettes, expériences, recherches … Un avenir inconnu peuplé ici de questionnements, là de folles espérances, s’étendait devant elle…

Et Marie-Françoise … devient Pénélope …

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Une fois les premières ondes de choc passées, Marie-Françoise choisit l’audace et décide de cheminer vers ses rêves. Elle rejoint un groupe d’entrepreneurs en devenir. De business plans en brainstormings, de segmentation de clientèle en développement d’outils marketing, Marie-Françoise découvre sa nouvelle voie et devient révélatrice d’intérieurs !

Penchée sur ses travaux de toile derrière ses rideaux, dans son juste milieu, en attendant le retour d’un Ulysse de banlieue, Pénélope rêve, les soirs de vague à l’âme et de mélancolie, et au ciel d’un autre lit, se met à compter de nouvelles étoiles ….

La petite lueur d’espoir d’un renouveau professionnel qui éclairait sa vie devient une aura de lumière.

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« En attendant Pénélope » est né …

Tri des garde-robes, des papiers, agencement des espaces, lifting d’anciens objets, création d’accessoires en textiles … cette révélatrice d’intérieurs vous accompagne pour alléger votre environnement, créer de l’espace, insuffler une vie nouvelle à vos objets et faire circuler des énergies positives dans votre foyer.

Animatrice des ateliers Les lueurs de Pénélope, Marie-Françoise propose exercices amusants, échange d’idées et astuces en tout genre autour du bien-être chez soi.

La philosophie derrière le métier

Marie-Françoise, à propos de la signification de la maison : « La maison est un révélateur de notre état d’être intérieur. C’est un espace sécurisé censé nous ressourcer, nous redonner de l’énergie (après une journée de travail, d’école, de retour d’un voyage …). Le foyer c’est le feu, notre intérieur révèle ce qui nous anime, ou non. Accorder sa maison à qui on est permet d’évoluer de façon concrète vers notre essence en se débarrassant de schémas parentaux ou de modèles reçus par la société.  S’occuper de sa maison c’est s’autoriser à s’intérioriser, aller chercher à l’intérieur l’apaisement, la fluidité plutôt que de chercher des « distractions » à l’extérieur (loisirs, vacances…). C’est une forme d’affirmation de soi. »

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Le tri, un acte existentiel qui permet de mieux se connaître

Pour Marie-Françoise, le tri relève de l’acte existentiel. Elle développe son idée : « Trier, c’est apprendre à se défaire de l’inutile, à faire des choix et à comprendre ses besoins réels en terme de confort. Cela permet de se débarrasser de certains objets chargés de poids affectifs (faire le deuil définitif d’un ex, d’un parent …) et de ne garder que les objets auxquels on accorde une vraie valeur (affective ou matérielle…), ce que cela représente réellement pour nous. »

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Le rangement, pour transformer notre vision de la vie

En opérant du rangement dans sa propre maison et en aidant ses clientes à réorganiser leur maison, Marie-Françoise prend conscience que le désordre donne une illusion de sécurité, d’être protégée, d’être riche parce qu’on a beaucoup de choses (même si on ne s’en sert plus). L’accumulation d’objets donne l’impression qu’on a arrêté le temps (ex : en gardant des vielles fringues de nos 20 ans).

« Ranger permet de ne plus s’abriter derrière notre fatras, de reprendre sa vie en main. Cela permet de régler toutes ces petites choses non finies en cours : un robinet qui fuit, des boutons à recoudre à un manteau, des factures impayées, … toutes ces choses qui nous vident de notre énergie cela permet d’oser prendre la décision de mettre de l’ordre dans d’autres domaines de notre vie (un conflit non réglé, une frustration au travail …).Un espace rangé peut provoquer une certaine peur de l’inconnu (on n’a plus l’impression d’être chez soi …) « 

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Réaménagement … réorganisation plus profonde de notre existence

Pour Marie-Françoise réaménager les pièces de sa maison permet de « ré-habiter » l’espace de manière plus consciente (ex : transformer la chambre d’un enfant en un bureau). C’est s’accorder une nouvelle place dans sa maison (ex : une pièce dédiée à la créativité / à la méditation) et par conséquent, dans sa vie.

C’est accepter que les circonstances de vie changent (les enfants partent, nous ne travaillons plus qu’à mi-temps…), c’est prendre ou donner une place dans une famille recomposée. C’est poser ses propres limites, s’octroyer un espace vital.

C’est tenir compte de ce qui nous fait du bien : la lumière directe du soleil, la petite plante aux fleurs colorées qui a trouvé sa place, le panier du chien…

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Recycler les objets, prendre soin de ce qui nous entoure pour
prendre soin du monde

C’est sans doute ici que le côté « alchimiste’ prend tout son sens. Soucieuse de l’environnement, consciente de la surconsommation et du gaspillage généralisé, Marie-Françoise met un point d’honneur à guider ses clientes vers la conscientisation de tous ces habitudes nuisibles pour la planète.

Recycler un objet ou le « customiser » comme on dit dans le jargon de la décoration, c’est se relier à sa créativité, exercer ses hobbies dans sa propre demeure. Plonger dans la matière, le concret, voir une idée s’incarner dans quelque chose d’utile ou de joli.  Cela permet aussi d’insuffler une nouvelle énergie dans un souvenir familial (ex : masking tape sur les assiettes en porcelaine de sa grand-mère…)

« Grâce au recyclage, on donne une  nouvelle utilité aux choses plutôt que de les jeter et de racheter un objet neuf. Cela peut permettre de se découvrir des « talents inconnus » qui peuvent aboutir à des idées de reconversion professionnelle, à oser une percée dans le monde artistique. »

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Personnaliser son environnement, c’est s’affirmer soi-même

Quand vous rencontrerez Marie-Françoise, vous vous rendrez compte qu’elle utilise plus le terme « personnaliser son environnement » que de décorer. Décorer a pour elle une connotation lisse, standardisée par des grandes enseignes dont on taira le nom.

Pour elle, personnaliser son environnement c’est décorer en fonction de ce qu’on est aujourd’hui, plus de ce que maman a acheté ou ce que l’ex-mari aimait bien. C’est plus de l’ordre de créer une ambiance grâce à des couleurs, des matières.

« Personnaliser son lieu de vie c’est  s’autoriser à se faire plaisir, à embellir la maison dans le but d’ embellir son cœur (fleurs, parfums d’intérieur, aromates dans la cuisine…). Il y a également une finalité pratique à cet acte. Pour se libérer du temps pour autre chose que le ménage, on choisit un sol facile à nettoyer, on se débarrasse des tapis … Le but est de repenser sa demeure en fonction de son mode de vie. (si on vit seul, en couple, avec ou sans enfants, avec des animaux …). »

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Savoir-faire … et savoir-être

Si on résume cet article, Marie-Françoise … enfin … Pénélope … (je ne sais plus comment l’appeler maintenant …) en fait c’est une « home organizer » comme la qualifieraient nos amis d’Outre-Atlantique ?!

Oui, sauf qu’en plus du savoir-faire de ce métier, Marie-Françoise a ce petit supplément d’âme qu’on appelle le savoir-être. Elle a cette aptitude à pouvoir sentir la personne à qui elle rend service, à entrer dans son univers, à cerner ses goûts, son style. A la guider là où la personne se sent prête à aller.  Ici, pas question d’imposer ses goûts, elle laisse la personne composer avec ce qui est, donne un conseil, suggère une matière, une couleur, prend le temps de l’écoute.

Que ce soit pour un accompagnement personnalisé ou lors d’un atelier en groupe, venez découvrir le travail singulier de cette femme chaleureuse, mélange d’artiste et d’artisane, qui vous transmettra la passion de votre intérieur !

Pour des informations, visitez la page Facebook ou contactez Marie-Françoise au 0497 30 01 08

 

 

 

Nos sens, les instruments privilégiés de notre bien-être

adult-19033_1920Coupés de nos moyens de communication les plus naturels 

Dans un monde où tout s’accélère, où nous sommes constamment connectés aux outils technologiques et, par conséquent, sur-sollicités par la déferlante d’informations sur les réseaux sociaux, dans la publicité, sur les écrans de télévision, nous avons pris le pli de survoler ce qui nous entoure plutôt que de nous y plonger, en pleine conscience.

Perdus dans des pensées générées par cette surdose d’informations, nous avons peu à peu perdu l’habitude de porter notre attention sur nos sensations et nous nous sommes comme déconnectés de  notre corps. Élevés selon le principe du penser et agir, nous nous sommes détachés des racines de base des fonctionnements psychiques et mentaux de tout être humain, la sensation et le sentiment.

Or être attentif à ce que nous percevons (nos sensations) et ce que nous ressentons (le sentiment qui en découle) sont deux préalables d’une qualité de communication avec soi-même et avec autrui.

Quand on sait qu’à peine 7% de la communication est verbale, il serait dommage de nous priver de la richesse des  93% du non verbal.

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Identifier nos pollutions sensorielles

Lorsque nous sommes dans un état d’épuisement ou de nervosité, il est important d’observer ce qui agresse notre corps et le met dans un état de stress à travers nos organes sensoriels.

Interrogeons-nous donc sur notre rapport au bruit, au chaud, au froid, aux odeurs. Explorons notre quotidien, notre routine, quels sont les moments où nous nous sentons stressés, énervés ? Quelle est la source de ce stress ? Est-ce le bruit des enfants qui envahissent l’espace en rentrant de l’école ? Leurs chamailleries incessantes ? Leurs affaires disséminées en vrac dans le hall de la maison ou dans le salon ?

Analysons notre environnement professionnel et privé. De quoi nous entourons-nous ? Gardons-nous des objets cassés ? Des choses qui ne nous plaisent plus ? Chargés de souvenirs déplaisants ? Y-a-t’il  assez de lumière naturelle dans la pièce où je travaille ? Suis-je installé confortablement sur ma chaise de bureau ?

Prêtons attention à la nourriture que nous ingurgitons, le décorum pour prendre nos repas. Est-que je goûte réellement le sandwich que je mange devant mon ordinateur ? Est-ce que je prends le temps pour un petit déjeuner ? Avec qui est-ce que je partage mes repas ?

Intéressons nous également au toucher … quels sont nos manques ou nos besoins dans ce domaine ? Est-ce que je reçois assez de caresses et de marques d’affections physiques ? Est-ce que j’ai l’opportunité d’en donner suffisamment ? Quand ai-je serré longuement une personne aimée dans les bras ? Par quel geste mon corps se sent-il agressé ou envahi ?

Discerner les pollutions sensorielles (celles qui agressent ou émoussent nos sens) qui nous sont propres nous permet d’identifier les sources de bien-être sensoriel dont nous avons réellement besoin (ce qui stimule ou aiguise nos sens).

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Une boîte à outils pour entrer en contact avec la matière du monde

Un exercice intéressant est de faire la différence entre voir et regarder, entre entendre et écouter , entre goûter et ingurgiter, sentir et humer.  Quand ai-je pris le temps pour la dernière fois de me connecter aux sensations pures ? Quand me suis-je autorisé à ressentir ce que ces sensations déclenchaient comme sentiment ou comme émotion tout à l’intérieur de moi ? Avec qui l’ai-je partagé ?

Ralentir le rythme lors d’une balade en forêt pour sentir les petits graviers du sentier crisser sous nos pieds. S’asseoir au bord d’un étang et regarder le soleil se coucher en temps réel. Ecouter les grenouilles qui coassent à qui mieux mieux. Croquer dans un Paris Brest tout frais, sentir le croquant de la pâte, le moelleux de la crème. Caresser longuement son chat, étendu sur le divan….

Si nous multiplions nos explorations sensorielles, nous allons petit à petit nous relier à notre bagage sensoriel, un panier digne de Mary Poppins, composé de nombreuses sensations positives enfouies dans notre mémoire, engrangées depuis le début de notre vie : moments harmonieux, atmosphères chaleureuses, souvenirs joyeux de l’enfance, paysages et lieux adorés, mets délicats préparés par une grand-mère …

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Libérer le plein pouvoir de nos sens

En réveillant ces sensations agréables, en nous replaçant dans des situations similaires, nous allons nous réapproprier complètement la conscience de ce trésor inestimable.

Développer un sentiment de complétude plus grand vis à vis de la vie, relier le monde sensible au monde intelligible, doper notre mémoire, améliorer notre relation à autrui, libérer des hormones du plaisir, nous relaxer, nous protéger de l’épuisement, faire confiance à nos propres ressources … Tels sont quelque-uns des avantages que nous expérimentons si nous donnons la parole à nos sens.

Bel été rempli de divines sensations !

Petits bouts de femmes, petits bouts d’âmes – Episode 1

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Patricia Nagant, une femme qui a du bol

« Quand je serai grande, je veux faire chanter les anges… ». C’est probablement ce qu’a dû murmurer Patricia à sa maman qui venait la border dans son lit, un soir d’hiver où tout ronronnait dans la maison.

Quelques années plus tard (on ne révèle pas l’âge des dames, n’est ce pas …), Patricia a réalisé un de ses nombreux rêves. Dans la pièce qu’elle a intimement aménagée au Centre Cristal’In, elle nous invite à un voyage sonore extatique, au cœur de notre intériorité, à la rencontre de notre spiritualité, au diapason de nos émotions.

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L’écoute de plusieurs bols en cristal est une expérience unique, profonde. Ils génèrent des sons très purs et intenses. Ils ne s’écoutent pas seulement, il se ressentent et se vivent également.

Ces instruments d’éveil sont des outils thérapeutiques puissants qui aident à relâcher les tensions, à entrer dans un état de relaxation profonde et à équilibrer les énergies en vibrant au travers de toutes les cellules du corps.

La thérapie par le son agit tel un diapason qui nous synchronise avec notre nature véritable. C’est une alchimie entre un rythme, une mélodie, une harmonie, quelque chose de l’ordre du subtil qui joue sur les taux d’hormones, diminue le taux de cortisol (lié au stress) et stimule celui de la mélatonine (lié à la détente).

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Patricia : « Il est bon de jouer doucement, dans le silence, puis de vivre la danse du son, de l’observer, de le sentir, de l’accompagner. Il est possible d’habiter le son d’une prière, d’une émotion sacrée, d’une pensée lumineuse. Parfois un seul son conscient suffit car si vous prenez la peine de l’écouter, vous découvrirez qu’il reste présent et vivant des heures durant. Un son se respire, se contemple; sa magie abreuve, émerveille. »

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Fondatrice du centre Cristal’In, lieu de rencontre et de ressourcement, elle consacre l’entièreté de son temps à ses trois passions : la gestion du centre, la guérison par le son et la création de bijoux inspirés des formes géométriques sacrées.

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Attirée par la beauté et la spiritualité, Patricia crée, dessine, invente, imagine, s’entoure d’artisans investis d’une mission sœur … et la vision devient matière. Errances rêveuses, illuminations nocturnes, visions intuitives sont autant de terrains de jeux pour ses muses malicieuses qui lui murmurent le design d’un pendentif, les couleurs d’un bracelet, les symboles d’une bague.

La flamme qui brûle en elle pour le développement personnel la porte à œuvrer quotidiennement à la réussite de ce projet aussi noble qu’ambitieux. Habitée par une vivance contagieuse, cette entrepreneuse, joyeuse et généreuse, s’est entourée d’une équipe de professionnels réunis autour des mêmes idéaux.

Merci à Patricia de nous aider à composer notre petite mélodie intérieure ….

Découvrez l’agenda des méditations et soins sonores sur Cristal Son

7 raisons d’oser jouer en entreprise

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1. Dans le jeu, il n’y a pas d’enjeu

On se crée un espace virtuel, avec un début et une fin. On peut dès lors évoluer en toute liberté, on s’autorise des choses qu’on ne ferait pas dans la réalité. On ose fonctionner par essais/ajustements. On fait une série d’apprentissages, on comprend ses erreurs et on ajuste les stratégies d’équipe pour monter en puissance, pour être plus performant.

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2. Le jeu est un créateur de lien social

En jouant, on se connecte avec notre enfant intérieur. On retrouve une spontanéité, la joie de faire quelque chose d’amusant, de léger. Jouer contribue à briser la glace qui peut exister entre certaines personnes d’une même équipe (le nouveau venu, le manager fraîchement nommé …). Il tisse entre les joueurs des mailles dont ils pourront éprouver la solidité dans d’autres circonstances. Il privilégie la communication directe dans une ère où le virtuel prime.

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3. Le jeu permet la relaxation

Il met les gens dans un mouvement quasi immédiat.. Chacun observe, commente, propose. Les yeux scrutent le plateau, analysent la situation, on touche aux pièces, l’esprit fonctionne de manière très vive. L’attention est portée sur cette expérience unique qui se déroule. Jouer nous met dans un état de conscience élevée, on est à 100% dans l’instant présent.

Jouer est une forme de ce que les sages appellent la méditation ou la pleine conscience.

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4. Le jeu permet de prendre de la distance

Dans une société où on demande toujours plus de productivité et de résultats, dans un contexte de crise et de changement, il est difficile de sortir la tête du guidon… Le jeu permet de se mettre en décalage par rapport à une situation, il permet de faire des parallèles avec la réalité de terrain et de voir apparaître des solutions qu’on n’avait pas envisager seul, derrière son écran ou dans une réunion interminable où plus personne ne s’écoute.

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5. Le jeu révèle le potentiel de chacun

Il permet à chaque type de personnalité de s’exprimer librement et de jouer un rôle important pour faire évoluer la partie positivement. Ainsi l’extraverti sera audacieux, prendra des risques et l’introverti sera dans un rôle d’observateur, de stratège. Chacun y trouvera son compte et comprendra que la différence de personnalité ou de manière de réagir du collègue est en réalité plus une force qu’une menace.

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6. Le jeu développe l’esprit d’équipe et de coopération

Par les émotions qu’il suscite (et l’observation de ces émotions), le jeu nous révèle notre propre fonctionnement et celui de nos collègues. Comme c’est un facilitateur d’expression, les gens vont spontanément jongler entre leurs différentes casquettes ou compétences. Il n’enlève pas la compétition, il la dirige autrement. Il permet de faire front autrement. Cette expérience commune amène l’équipe à se découvrir une compétence collective.

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7. Le jeu fait appel à différentes formes d’intelligence

En jouant on est amené à utiliser sa tête, mais aussi parfois son corps ou son cœur (qu’on utilise moins au bureau). Le jeu aiguise ainsi toute forme d’intelligence : verbale, logique, visuelle, corporelle, intra et interpersonnelle voire musicale. Le développement de ces différentes formes d’intelligences permet de libérer la créativité, et la créativité amène les équipes à trouver de nouvelles solutions à d’anciens problèmes.

Être Femme Aujourd’hui, des Racines… ou des Ailes

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Il est des œuvres cinématographiques qui résonnent en nous étrangement, font vibrer les cordes les plus sensibles de notre être, nous transpercent le cœur.

Il est des œuvres cinématographiques qui font naître en nous un sentiment absolu de gratitude envers la vie.

Il est des œuvres cinématographiques qui m’ont confortée dans la justesse de mes choix personnels et … professionnels.

Mustang en fait partie.

Ce film au titre évocateur raconte l’histoire d’une poignée de sœurs vivant dans un village reculé de Turquie qui vont devoir choisir entre leurs racines … ou leurs ailes. Entre (sur)vivre en se pliant à des traditions archaïques ou s’arracher à leurs racines pour pouvoir vivre librement leur féminité, il n’y a pas de “bon” choix.

Récit initiatique d’émancipation, cette œuvre, subtile et nuancée, est interpellante à plusieurs niveaux.

Naître ou devenir femme ?

Elle pose d’abord une question essentielle dans la vie de chacune d’entre nous; ce que cela signifie d’être une femme, pour nous même, aux yeux des hommes, dans le regard des autres femmes et par extension … dans la société actuelle.

Il n’y a évidemment pas une seule réponse. Suivant le pays où nous sommes nées, l’éducation que nous avons reçue, les traditions inculquées, notre propre vécu et notre personnalité, nous allons chacune grandir et vivre notre féminité de différentes manières. Certaines par défaut, d’autres en réaction et puis surtout … par conviction.

La vie d’une femme, une odyssée périlleuse …

Pour certaines femmes, le chemin vers la liberté pour vivre pleinement son féminin est plus long et plus périlleux que pour certaines autres. Il n’aboutit parfois nulle part.

Ici pourtant, on entend clairement les vents de l’indignation souffler dans les hauts arbres de la campagne du nord de la Turquie. Dans cette société schizophrène, écartelée entre patriarcat et modernité, le personnage qu’incarne la grand-mère est lui-même tiraillé entre ce qui lui semble respectable et l’oppression que ses petites-filles subissent. Ceci remet très justement en perspective la notion de liberté d’être chez la femme.

Vivre pleinement sa liberté, mirage ou réalité ?

C’est ici que notre sensibilité de “femme libérée”, heurtée par la radicalité du propos et la violence des images, est à la fois attristée et soulagée par le constat qu’ici, en occident, nous sommes finalement nées “du bon côté de la planète”…

Et pourtant, alors que la condition féminine a connu chez nous de nettes avancées, certaines femmes continuent de cultiver la croyance qu’elles n’existent que si elles appartiennent à un homme,  à un clan, à un statut social ou professionnel.

Murs visibles ou invisibles ?

Mariages de convention, études fortement conseillées par une lignée familiale, sentiment d’obligation face au choix de la maternité, (auto)-censure quant aux éventuels questionnements sur une identité sexuelle, entrave à certaines vocations personnelles ou professionnelles, sentiment profond de solitude affective, peur de précarité matérielle en cas de rupture de l’ordre établi … Parfois nous continuons à nous enfermer dans des prisons aux murs visibles ou invisibles… sans savoir que la clé pend autour de notre cou.

Ce film est comme un cri d’espoir pour toutes ces femmes là. Emprunt d’une gravité légère, il laisse transparaître au travers des volets clos de leur prison, un filet de lumière qui perce les ténèbres.

La puissance des femmes, une menace pour le monde ?

Mustang illustre au travers d’images d’une beauté à couper le souffle, la puissance subversive de la libido féminine, dans le sens le plus large du terme. Tous les geôliers du monde auront beau ériger des prisons pour la brider, leurs enceintes ne résisteront pas à sa force démesurée.

Ce qui anime certaines femmes, c’est la ferme conviction qu’elles ne laisseront personne arracher de leurs têtes folles, comme les pétales d’une fleur, le sentiment amoureux qui habite leur corps, leur soif de vivance, la magie d’exister, leur appétit d’aimer….

Ensemble dans une sauvage solidarité

Ce qui est merveilleusement mis en exergue dans ce film, c’est l’importance de la sororité face à l’adversité, l’urgence de déployer une solidarité sauvage face aux difficultés de la vie. A aucun moment la fratrie ne décide de subir simplement son sort. Ces 5 sœurs agissent, réfléchissent en c(h)oeur, posent des actes de résistance et de rébellion, du plus ténu ou plus excessif.

Elles ignorent la peur, se relient à leur intuition, gardent intacte cette capacité à apprécier la moindre parcelle de vie. Elles s’accordent même l’aide d’un homme en paix avec sa part de féminité, électrisé par l’énergie quelque peu masculine de Lalé, la plus jeune des protagonistes.

Faire le choix de l’émancipation

La frontière est ténue entre acceptation et résignation, entre adaptation et renoncement, entre compromis et soumission.

Si vous ressentez la soudaine impression que des ailes semblent vouloir pousser…
Si vous avez une furieuse envie de délier votre chevelure comme une crinière sauvage

Prenez en exemple l’audace de ces femmes lumineuses pour vous libérer de vos micro-chaînes…
et faites le choix de l’émancipation !